Désireux d’attirer l’attention sur son affaire en péril, Édouard Detrez, fondateur du Fauteuil roulant français, a décroché un entretien avec le chef de l’Etat.

Son périple de 700 kilomètres à travers le pays aura duré près de trois semaines. Jeudi 4 janvier, Edouard Detrez a quitté Lectoure, dans le Gers, pour rejoindre Paris avec seulement son fauteuil roulant et la force de ses bras pour se déplacer sur les routes. Le jeune homme âgé de 26 ans devrait enfin atteindre son but après avoir effectué jusqu’à 40 kilomètres par jour. Son arrivée à Paris est prévue pour ce mercredi. Il rencontrera Sophie Cluzel, la secrétaire d’Etat aux personnes handicapées, et Gérard Larcher, le président du Sénat, avant d’être reçu à l’Elysée dans l’après-midi.

Si le jeune entrepreneur s’est lancé dans une telle aventure, c’est d’abord pour trouver de nouveaux financements afin de développer l’entreprise dont il est le fondateur, Le Fauteuil français roulant, et pour attirer l’attention sur son projet. «J’ai commencé cette traversée de l’espoir afin d’interpeller le président de la République et les pouvoirs publics sur l’existence d’un savoir-faire local et français des fauteuils roulants», explique Édouard Detrez.

Le marché du fauteuil roulant laisse en effet peu de place aux produits de l’Hexagone: les athlètes paralympiques ne sont par exemple que très peu équipés avec du matériel français. Une situation qu’il espère changer d’ici les Jeux olympiques et paralympiques de 2024 qui auront lieu à Paris. Plutôt que de laisser les différentes subventions accordées pour l’achat d’un fauteuil revenir aux marques étrangères, Edouard Detrez défend la possibilité de réinvestir en France et ainsi de favoriser le financement des petites et moyennes entreprises. «Conservons ce choix d’acheter français», martèle le jeune homme.

Le Fauteuil français roulant propose depuis 2015 des fauteuils actifs et sportifs, facilement maniables et qui permettent une plus grande autonomie. Ces derniers sont 100% «made in France», de la conception à l’assemblage, jusqu’à leur sortie de l’atelier situé dans la commune gersoise de Lectoure. La société travaille par ailleurs «en synergie» avec le Slip français, l’entreprise de sous-vêtements masculins adepte, elle aussi, du «made in France». Cette dernière est notamment à l’origine du logo du Fauteuil français roulant.

Mais la course de ce jeune homme handicapé, qui dit avoir été en partie inspiré par le personnage incarné par Tom Hanks dans Forrest Gump – «mon film préféré» -, permet aussi de parler du handicap autrement. En s’intéressant d’abord aux enjeux économiques, il souhaite favoriser l’angle «de l’entreprise, l’industrie, la création d’emploi et le rayonnement de la France possible grâce aux fauteuils roulants».

Arrivé au bout de son défi, Édouard Detrez se dit fatigué physiquement. «C’était difficile car j’étais sur la route cinq à six heures par jour, parfois sous la pluie, le vent ou dans le froid», confie-t-il. Mais il évoque également «la satisfaction d’être arrivé au bout» et «d’avoir senti un engouement pour une bataille» en traversant toute la France.

 

 

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